La malédiction des comparaisons en mode avant-après

La malédiction des comparaisons en mode avant-après

La malédiction des comparaisons en mode avant-après 1200 628 La vie en plus simple | Mélanie Blanc

Dimanche dernier, j’assistais à une journée sur le thème de la mode. J’ai notamment participé à la présentation d’une conseillère en images qui donnait quelques pistes afin de savoir ce qui nous sied le mieux en matière de fringues.

Quelles couleurs, quelles matières, quelles formes. Pour qui, en quelles circonstances et pourquoi.

Pour une femme qui fonctionne sur le mode “bonne élève” comme moi, c’était le vrai casse-tête. Je sentais des nœuds se former dans ma tête.

Parce qu’il n’y a jamais de clairement juste ou clairement faux. On est dans le règne du “C’est plutôt mieux comme ça mais il y a des exceptions”.

Du style “Tu devrais plutôt privilégier les couleurs chaudes sur le haut mais comme tu as les yeux de telle couleur, les couleurs froides peuvent bien fonctionner aussi”.

Ce que j’ai le plus aimé, c’est le moment où cette spécialiste montrait deux photos en parallèle: de chaque côté, la même femme mais avec une tenue différente. A gauche, avec la tenue qui fonctionne moins bien et, à droite, avec celle qui fonctionne mieux.

Ce qui m’a fait rire, c’est que c’était pas net du tout. Parfois oui, c’était nettement mieux à droite mais, dans d’autres cas, pas forcément.

Parfois, c’était pas mal à gauche mais effectivement mieux à droite. D’autres fois, c’était clairement mieux à droite qu’à gauche. Et d’autres fois, franchement, si c’était pas une femme estampillée “conseillère en image” qui en faisait la démonstration, je n’aurais pas dit qu’un côté fonctionnait mieux qu’un autre.

La “femme de gauche” était la plupart du temps “moins bien habillée” que “la femme de droite” mais, comme la femme de gauche ne marche jamais avec la femme de droite à ses côtés dans la rue, il n’y a pas de quoi en faire tout un plat.

Parce que, la “femme de gauche” sans “la femme de droite” n’a pas de quoi rougir. Sa tenue fonctionne et, si on n’avait pas la “femme de droite” en photo à côté d’elle, on ne ferait même pas gaffe à ce qu’elle porte.

Quand j’y réfléchis, quand je regarde les gens dans les rues, c’est rare que je m’arrête sur une personne qui a un look incroyable. Et ça n’arrive jamais que je regarde quelqu’un en me demandant comment elle ose sortir à tel point sa tenue est horrible.

En gros, on est tou·te·s habillé·e·s. Certain·e·s un peu ou beaucoup mieux que d’autres mais, en gros, la tenue de tout le monde est ok. Ça fait le job, comme on dit.

Par contre, si on commence à prendre une personne en particulier et à l’analyser en détails, c’est le début des emmerdes parce que, dans tous les cas, des problèmes, on va fatalement lui en trouver.

Parce que, pointer quelqu’un en disant qu’il faut améliorer sa tenue va faire qu’on va forcément trouver un problème avec sa tenue alors qu’avant on ne s’arrêtait même pas sur le fait qu’elle pouvait avoir un problème avec sa tenue. A vrai dire, de sa tenue, on s’en fichait complètement.

Moi, par exemple, quand je m’habille, parfois c’est vrai que je me trouve particulièrement rayonnante. C’est sûrement parce que j’ai mis (sans même le savoir) une teinte qui illumine mon visage.

Pareil avec certaines formes de fringues. Parfois, un pantalon allonge ma silhouette alors qu’un autre ne fera pas le même effet. Mais c’est pas pour autant que je ne vais porter que des pantalons qui m’allongent parce que je peux me sentir mieux dans des formes plus larges et plus taille basse alors que ça “me tasse” du point de vue d’un·e conseiller·ère en image.

Le truc, c’est qu’on ne se balade pas avec notre hologramme à notre droite qui porte des vêtements validés par un·e conseiller·ère en image. Si c’était le cas, on pourrait dire qu’on est “mieux” d’un côté que d’un autre mais – en tous cas jusqu’à présent – on marche sans double à nos côtés.

Quand on y pense, c’est pareil pour tout. Quand on fait quelque chose, on aurait pu faire “mieux”. On aurait pu agir différemment et ça aurait pu mieux fonctionner. Mais ça, c’est si on compare deux situations en parallèle.

Sauf qu’on a agi comme on a agi et que, en général, à l’exact même moment, on n’aurait pas pu faire autrement.

Rétrospectivement ou, en comparaison, c’est toujours simple de refaire l’histoire sauf qu’on vit seul·e dans l’instant présent. Donc, tant que c’est encore le cas, on arrête de trop se prendre le chou parce que, jusqu’ici, rien de ce qui s’est passé n’aurait pu se passer autrement.

C’est le cas pour les fringues mais c’est aussi le cas pour le job, pour la façon qu’on a eu de parler à un·e ami·e ou à son·sa mari·femme, pour la décoration de notre appartement, pour le plat qu’on a cuisiné, pour l’heure à laquelle on s’est levé, pour le programme qu’on a regardé à la télé, pour la personne pour laquelle on a voté,…

On ne peut pas appuyer sur pause, prendre deux situations en parallèle et choisir celle qui convient le mieux avec le recul qu’on a désormais sur cette situation.

La vie ne fonctionne pas comme ça.

On ne peut faire qu’avancer. En se retournant sur le passé, je vous garantis une chose: on aurait toujours soi-disant pu faire mieux. Mais ça, pour avancer léger, c’est pas la meilleure chose à faire.

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