Ces LIEUX REFUGES qui mettent certain·e·s en danger

Ces LIEUX REFUGE qui menacent la sécurité de certain·e·s

Ces LIEUX REFUGE qui menacent la sécurité de certain·e·s 1200 628 La vie en plus simple | Mélanie Blanc

L’année dernière, j’ai suivi un stage de développement personnel. Un stage qui s’est terminé pile avant le début de la pandémie.

Ça m’a bien fait marrer parce que, je me disais que si la personne qui avait organisé ce stage avait voulu organiser une mise en pratique, elle aurait pas pu mieux s’y prendre! 😉

Il y a quelques semaines, celle-ci nous envoie un message pour savoir comment on va et pour nous dire que, si ça nous dit, elle nous propose une matinée pour qu’on se retrouve et qu’on fasse un peu l’état des lieux de tout ce qui s’est passé.

On s’est donc retrouvé·e·s samedi dernier.

Durant ces quelques heures, elle nous a notamment parlé d’une théorie qu’elle avait découverte et qui pourrait nous être utile au quotidien.

Il s’agit de la théorie polyvagale. (Je vous la fais courte parce qu’il ne s’agit pas de l’objet de ce billet.)

En gros, à chaque instant de notre vie, on peut se trouver dans un de ces trois états:

  1. en sécurité. Soit à l’aise, Blaise. On est cool, avec soi mais aussi avec les autres.
  2. en danger. Là, c’est quand on sent que quelque chose ne nous convient pas et, dans cet état, on a les forces nécessaires pour se mobiliser. Donc pour fuir ou pour se battre.
  3. je vais mourir. On s’entend, c’est pas qu’on va vraiment mourir mais le corps ressent ça. On est alors tétanisé·e·s et on n’arrive plus ni à se battre ni à fuir. (On peut ressentir ça quand on se dispute en couple, par exemple. On ne sait plus quoi faire, on ne sait plus ce qu’on veut. On est dans un tel état que, parfois, on n’entend même plus vraiment ce que l’autre nous dit.)

Chaque jour, on passe d’un état à l’autre, parfois en l’espace de quelques secondes, sans même s’en rendre compte.

Cette théorie précise que l’état 1 est notre état naturel. Pour être bien, on devrait donc passer le maximum de temps dans cet état. C’est impossible, évidemment, mais c’est un objectif vers lequel on devrait tendre.

Encore faut-il savoir comment c’est quand on est en sécurité. C’est pour cela que la personne qui avait initié ce stage nous proposait de se voir: pour se rappeler de ce qu’est un espace bienveillant dans lequel on se sent en sécurité.

Un moment, comme une balise dont on pourrait rappeler le souvenir quand on se sent pris·e dans la tempête.

Ça m’a fait penser à ces safe spaces, ces lieux refuge, soit ces espaces réservés à certaines personnes et interdites à d’autres et qui sont tellement décriés ces derniers temps.

Ces réunions qui nous permettent de nous sentir pleinement nous afin d’ensuite se sentir mieux dans le monde. Comme un espace dans lequel on peut prendre des forces.

C’est le cas de ces réunions non-mixtes organisées dans certaines universités en France et qui ont fait bondir certaines personnes.

Quand on y pense, je ne me sens pas exclue d’une réunion dans laquelle des gens se retrouvent pour faire du tricot. Je ne tricote pas. Je ne vois donc pas ce que j’irais faire là-bas.

Pareil pour les alcooliques anonymes. Je ne me sens pas exclue de telles réunions. Pourtant elles sont ouvertes à certaines personnes et pas à d’autres. Ou des groupes de parole pour les gens souffrant d’un cancer.

Je me suis dit que ça commençait à poser problème quand l’espace de sécurité de certain·e·s faisait monter un sentiment de danger chez d’autres.

Quand le fait que certain·e·s se réunissent menace la façon d’être des “exlu·e·s”. Peut-être qu’ils·elles sentent alors que leur position de domination est menacée, qu’on remet en cause leur façon de vivre, qu’ils·elles vont peut-être se rendre compte que la manière dont ils·elles ont vécu pendant des années se faisait au détriment du bonheur d’un autre groupe ou que certains de leurs (pseudo) privilèges étaient menacés.

Peut-être même que le fait que des gens se trouvent en état 1 (en sécurité) fait monter chez d’autres l’état 3 (le sentiment de mourir).

L’autre jour, j’écoutais un podcast et j’ai adoré les quelques mots d’introduction à cette émission:

Ce sont des lieux tout à fait ordinaire (je suis sûr que vous les avez déjà fréquentés). On les occupe sur Internet mais aussi dans la vie. C’est n’importe quelle salle qui veut bien vous accueillir: salle de classe, salle de concert ou même salle de bal. Ça peut être un local qu’on a réquisitionné, un forum où on s’est invité sans grande difficulté. Il y en a même dans les universités. Ce sont des lieux refuge mais aussi des espaces d’émancipation parce qu’on se retrouve autour d’une cause ou d’une expérience commune et qu’on peut en parler sans avoir à se justifier, sans avoir à expliquer ce que vous vivez tous les jours et depuis toujours. A défaut d’être acceptés par tout le monde, les homosexuels s’en sont inventés au début des années ’60. A défaut d’être écoutées, les féministes en ont très vite imaginés. On en a vu surgir dans les classes populaires, ouvrières, de ces espaces où soudain la parole interdite venait à se libérer. On en trouve même dans l’antiquité, quand les chrétiens se rassemblaient dans les catacombes alors même qu’ils étaient oppressés. Alors vous les appelez comme vous voulez: safe space en anglais, lieux sûrs, espaces insécables ou sécurisés, refuges, lieux de vie positifs ou de survie ou même, si vous voulez, appelez-le entre-soi ou, pire, parlez d’espace non-mixtes. Ils sont occupés par toutes celles et ceux qui se sont sentis, un jour, un peu en dehors, un peu à côté, un peu marginalisés et qui se sont construits un espace où ils ou elles se sentent en sécurité. 

Boomerang, Augustin Trapenard, France Inter, 27 avril 2021

Et si les gens qui se sentaient menacés par de tels espaces l’étaient parce que, pour eux·elles, ces espaces signifient exclure l’autre, montrer qu’on est mieux que l’autre.

Est-ce que les réunions d’hommes qui ont si longtemps fait florès sans que personne ne trouve rien à dire n’étaient pas plutôt des espaces de défense (contre un autre groupe) plus que des espaces de sécurité?

J’avais adoré ces quelques mots de la rabbine et philosophe Delphine Horvilleur. Dans cette interview, elle revient sur le parcours qu’elle a traversé pour devenir rabbine, une fonction qui lui semblait inatteignable vu qu’elle était… une femme. A ce propos, elle précise:

Ça faisait des années que je me passionnais pour l’étude, que je toquais à bien des portes, notamment ici en France, où on me disait: “Ah, il y a des cours de Talmud, des cours de pensée juive mais pas pour vous, pas pour… LES FEMMES”. C’était encore des réunions non-mixtes...

Delphine Horvilleur, rabbine et philosophe, dans C Politique, sur France 5

Phrase qu’elle termine en faisant un grand sourire, comme un clin d’œil à cet énorme plat qu’on fait actuellement sur ces réunions non-mixtes alors qu’on n’en a jamais fait un aussi grand pour ces réunions d’hommes qui ont lieu depuis des siècles et qui sont interdites aux femmes, souvent sous couvert de tradition… ou juste de pur entre-soi machiste.

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