Le CONSENTEMENT, c'est bien joli sur le papier. Mais c'est quelle partie de nous qui consent quand on dit qu'on consent?

Le CONSENTEMENT, c’est bien joli sur le papier. Mais c’est quelle partie de nous qui consent quand on dit qu’on consent?

Le CONSENTEMENT, c’est bien joli sur le papier. Mais c’est quelle partie de nous qui consent quand on dit qu’on consent? 1200 628 La vie en plus simple | Mélanie Blanc

Toutes ces histoires de consentement, je dois dire que ça me fait bien réfléchir.

S’assurer qu’on consent bien avant de faire quoi que ce soit. C’est top sur le papier. Mais, moi, quand je me rappelle de certaines situations, j’avais l’impression d’être complètement consentante alors que, avec le recul, je me dis que je voulais juste passer pour la fille cool qui se marre avec les autres (souvent des mecs) à propos d’une blague graveleuse, par exemple.

Il y a quelques jours, je suis tombée sur l’interview d’une journaliste qui vient d’écrire un bouquin sur les sites de rencontres. A titre personnel, elle a passé pas mal de temps sur ces sites et elle a décidé de mener l’enquête.

Dans cette interview, elle décrit la fois où elle s’est retrouvée chez un mec. Elle avait envie de lui. Puis, tout d’un coup, l’envie n’était plus là. A ce moment-là, elle se dit qu’elle peut juste le faire puis se casser plutôt que de dire qu’elle ne veut plus et qu’il la prenne pour je-ne-sais-pas-quoi.

Ce qui est intéressant, c’est le moment où elle arrive à dire qu’elle ne veut plus. Et, là, elle raconte devoir rentrer toute seule sous la pluie à 5 heures du mat’.

Le mec parfait sous tout rapport s’est soudain transformé en mec vexé qui n’en a plus rien à foutre d’elle et de ce qui peut bien lui arriver.

Vu la réaction de ce type, je me dis que, quand on ne consent pas, c’est quand même souvent la personne qui ne consent pas qui en assume les conséquences.

Et, en assumer les conséquences, ça fait souvent tellement chier sur le moment qu’on se dit que passer à la casserole (comme dire “oui” à la Xième heure sup’, se laisser mal parler par un·e chef·fe,…) porte moins à conséquences.

Et, sur le moment, je pense que c’est vrai. Mais, sur le long terme, attention les dégâts… Car, ce qui nous donne une pseudo impression de sécurité sur le moment peut complètement nous déboussoler à la longue.

D’ailleurs cette journaliste qui fréquentait ces réseaux l’avoue: Au bout d’un moment, à force de ne pas s’écouter et de ne pas se respecter, on a notre petit cœur qui a mal.

Elle a tellement raison. On a beau jouer les dur·e·s, au fond, oui, ça fait mal.

Libres d’accepter ou non. Vraiment?!?!!!

Ce matin, je lisais un magazine sur les surfeuses et il était notamment question du fait qu’il valait mieux qu’elles soient jolies en bikini pour avoir des sponsors.

Dans cet article, une jeune surfeuse de 15 ans était interviewée et voilà ce qu’elle disait:

Les femmes qui mettent leurs corps en avant sont totalement libres de le faire, elles peuvent jouer de leurs corps pour obtenir des contrats, faire des photos, développer leur estime de soi.

Lili Termeau, dans le magazine Surf Session Mademoiselle, du 1er août 2019

Vraiment Lili?!!???!?

Pour moi, la liberté, c’est le moment où répondre “oui” ou “non” porte aux mêmes conséquences. Mais, dans ce cas, si tu ne joues pas le jeu des sponsors, c’est possible mais c’est toi qui vas en payer le prix.

Alors, si tu as des parents blindés de thunes, ça va sûrement être plus simple de dire que ça ne te convient pas mais si tu galères pour terminer ta saison et que poser en bikini peut te permettre d’y parvenir, où est la liberté?

Ou si tu sais que ton sponsor ne va pas te lâcher si tu ne veux pas poser avec un bikini qui t’entre dans le cul, dire “non” peut alors être envisagé comme une possibilité. (A part si tu as intégré qu’avoir la chance d’avoir un physique de rêve qui te permet de poser à poil et de faire rêver les mecs est une des plus belles choses qui puisse t’arriver. Parce que, évidemment, tous les mecs adorent voir des filles de 15 ans à moitié à poil. Merci pour les clichés bien intégrés!!!!!!! 🙁 )

Pour se sentir réellement libre de consentir ou non, il faut se sentir en sécurité dans la relation. Et c’est pas forcément souvent le cas.

Et ça ne touche pas que les femmes. Ce matin, dans le quotidien Libération, il y a une enquête sur un grand cabinet d’avocats qui ferait subir des pressions énormes à ses employés. Et la position de victimes dans laquelle se trouvent certains hommes du cabinet est glauque à souhait.

Parce que, partout où il y a rapport de domination, il y a – pour la faire courte – des bourreaux et des victimes. Donc des gens qui peuvent profiter de leur statut et d’autres qui n’ont pas vraiment d’autres choix que de jouer le jeu. Ou oui, l’autre choix, c’est de s’opposer et de se casser (ou se faire mobber, ou…, ou…, ou… La liste des conséquences est longue) en assumant encore une fois les conséquences.

Une amie m’a par contre raconté une super jolie histoire. Quand elle était ado, elle avait des problèmes avec ses parents. A ce moment, elle s’est rapprochée d’un prof qui était adorable avec elle. Pour elle, c’était un peu son sauveur. La personne qui l’écoutait. En gros, qui était tout ce que ses parents n’étaient pas pour elle.

Un soir, elle l’appelle en lui disant qu’elle est hyper mal. Il lui propose de venir chez lui. Il l’accueille, ils discutent. Elle me dit que, s’il avait tenté quoi que ce soit, elle aurait fini dans son lit, pensait-elle, avec même le plus grand des plaisirs.

Sauf qu’il n’a rien tenté. Et, pour elle, ce moment a été un moment révélateur car il lui a prouvé que des personnes “dominantes” pouvaient juste être là, sans tenter de profiter de la faiblesse de l’autre.

Ça me fait penser à cette autre histoire. A l’époque, j’étais stagiaire journaliste dans un quotidien. Je travaillais à la rubrique people et une collègue, un jour, en revenant d’un sujet, m’explique qu’elle a interviewée telle personnalité et qu’elle lui a dit un truc énorme mais qu’elle avait décidé de ne pas en parler dans son article alors que cette personnalité lui avait pourtant donné son accord.

Mais alors pourquoi cette collègue qui travaille dans une rubrique qui carbure quand même aux scoops s’est-elle privée de ce “gros coup”? Un coup qui lui aurait valu la Une du journal. Sans doute des reprises dans des magazines et journaux français vu la notoriété de cette personnalité, un immense “bravo” des chefs, certainement une prime à la fin de l’année sans parler du bon ripolinage d’ego au passage.

Elle m’explique que cette personnalité ne s’est sûrement pas rendue compte de ce qu’elle livrait et, surtout, des conséquences qu’une telle révélation pourrait avoir.

Cette collègue a senti qu’elle l’avait pris dans un moment d’extrême vulnérabilité et que c’était à elle de la protéger.

Franchement sur le moment, j’ai pas compris. On est là pour sortir des scoops! T’es folle de ne pas en profiter surtout qu’elle t’a dit qu’elle était ok d’en parler! Et si ça sort ailleurs parce que d’autres auront moins de scrupules?

Avec le temps, j’ai trouvé sa position admirable et cette personnalité aussi d’ailleurs puisque, des années plus tard, elle l’a remerciée de ne pas en avoir parlé.

(Dans ce quotidien, il y avait plusieurs journalistes qui s’occupaient des faits divers et qui arrivaient à obtenir le témoignage de gens qui venaient de vivre des choses atroces. Je défendais mon journal et les journalistes en voyant à quel point ils·elles ne leur mettaient pas de pistolet sur la tempe pour récolter leur témoignage? Avec le recul, je me demande si c’était vraiment le cas. Quand on prend des gens dans des moments d’extrême vulnérabilité, peut-on dire qu’ils sont ok?)

Parce que des hommes, des profs, des chef·fe·s, il y en a des tonnes de géniaux. Des gens qui n’ont pas besoin d’occuper un poste pour guérir leur blessure narcissique et qui n’ont pas besoin de montrer leur pouvoir pour se sentir exister.

Et que, être victime, c’est jamais de notre faute. C’est qu’on est pris dans un système qui nous assigne à cette place et qui nous replonge certainement dans l’enfance, à un moment où on ne nous a pas donné la possibilité d’accepter une situation qui ne nous convenait pourtant pas.

Pour devenir victime, il faut trouver son bourreau et pour être bourreau, il faut trouver sa victime. Mais rien n’est immuable même si ça peut prendre du temps et signifier qu’il faudra sûrement en assumer les conséquences.

Et que, pour ça, il faut soit en avoir tellement marre qu’on ne peut pas faire autre chose que se casser ou se sentir suffisamment fort·e ou/et bien entouré·e pour trouver la force de le faire.

Parce que, consentir, c’est pouvoir garder suffisamment de distance par rapport à ce qui est en train de se jouer et ne pas être déjà complètement pris·e dans le jeu. Et, ça, c’est pas gagné d’avance.

Et que, toujours dire que c’est aux victimes de dire que ça ne leur convient pas, il y en un peu ras-le-bol, non? C’est un peu comme T’es mal dans ta peau, ben t’as qu’à méditer. Et, si ça ne fonctionne toujours pas, fais du yoga. Bref, la solution est évidemment en toi! Et, si t’es pas bien, c’est de ta faute.

Et les dominant·e·s in chief, c’est quand qu’on leur propose des rayons entiers de livres de développement personnel pour apprendre à l’être un peu moins. Parce que, être un·e bourreau, c’est aussi être un peu victime, non?

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