Quand on est VALAISAN, à quel point peut-on ne pas coller au cliché du BON VIVANT?

Quand on est VALAISAN, à quel point peut-on ne pas coller au cliché du BON VIVANT?

Quand on est VALAISAN, à quel point peut-on ne pas coller au cliché du BON VIVANT? 1200 628 La vie en plus simple | Mélanie Blanc

Ma famille est originaire du Valais. Pour ceux.celles qui ne sont pas suisses, c’est une région qui porte son lot de clichés.

A l’étranger, quand vous dites Suisse, les gens pensent souvent: chocolat, banques, montres, lingots d’or,…

Et bien, pour les Valaisan.ne.s, c’est un peu pareil. Dites Valais à un.e Suisse.sse, et il.elle devrait avoir immédiatement ces images qui lui viennent en tête: ski, raclette, vin, bon vivant.

Vous allez sans doute penser qu’il y a pire comme clichés. Peut-être mais ça n’empêche que ces clichés peuvent être lourds à porter.

Je m’y suis pourtant longtemps identifiée et je le revendiquais haut et fort. Pour moi, être Valaisanne, c’était cocher toutes les cases que j’aimais quand j’étais étudiante puis jeune adulte:

  • fêtarde
  • pas prise de tête
  • femme à poigne
  • qui aime la montagne
  • qui aime picoler
  • qui tient bien l’alcool
  • qui aime boire et manger

En fait, j’y mettais tout ce qui m’arrangeait. Tout ce qui collait à l’image de la nana cool.

Me revendiquer valaisanne, c’était comme faire partie d’un club de gens sympa! En plus, c’était être quelque chose que tout le monde n’est pas.

Puis j’ai grandi (mûri… ou pas selon les points de vue! 😉 et ces clichés sont devenus un lourd bagage dont je n’arrivais pas à me débarrasser.

Quand j’ai commencé à faire mes mois de février sans alcool, on me lançait par exemple des:

  • C’est le comble pour une Valaisanne!
  • Tu crois que tu vas tenir?
  • On se voit pour une abricotine le 1er mars au matin!

Je me sentais comme prise à mon propre piège.

J’y pense souvent depuis et je me sens de moins en moins Valaisanne à force de moins picoler et de moins bien digérer la raclette. Comme si m’éloigner de ces clichés me distançait du “club”.

To club or not to club? That is the question!

La semaine dernière, on m’envoie un message WhatsApp en me demandant si j’avais déjà ma vignette valaisanne. Je clique sur le lien et, là, je tombe sur un site qui vend des objets qui correspondent tous à fond les ballons aux clichés du Valaisan.

En surfant sur le site, ma première réaction, c’est Trop drôle, excellent! Ah c’est vraiment trop bon. Il faut que j’envoie ce lien à tou.te.s mes potes valaisan.ne.s! Et que je commande des choses pour les offrir à tou.te.s mes “compatriotes”!

Puis, après quelques minutes, je me demande à quel point le faire, c’est en quelque sorte comme m’enfermer un peu plus dans une case: enfermer tou.te.s ceux.celles que je comptais faire entrer dans ma danse et, de fait, rejeter tou.te.s ceux.celles qui ne faisaient pas partie du club.

Parce que, au fond:

  • Est-on moins valaisan si on n’aime pas picoler?
  • A-t-on le droit de se revendiquer valaisan si on n’aime pas skier?
  • Si on n’aime pas la raclette?
  • Si boire l’apéro à 10h du matin avec une bande de lourdauds qui fait des gags macho nous fait moyen rigoler?
  • N’est-on pas un bon valaisan si on trouve finalement pas ce site si drôle que ça?

Quand j’ai parlé de mes interrogations à un pote valaisan, celui-ci m’a dit: Mais t’es vraiment pas drôle, toi! C’est pas sérieux, c’est juste pour rire! T’as vraiment pas d’humour!

Parce que, quand vous souhaitez moins faire partie d’un groupe, je sais pas si vous avez remarqué, mais les membres de ce groupe vous trouvent tout de suite moins aimable, moins drôle, moins cool,…

Vous remettez leur position en question et ça, ça peut piquer un peu et donner envie de sortir les griffes.

Et si c’était le cas. Si j’avais perdu un peu de mon humour sur ce sujet, est-ce que j’en serais moins valaisanne? Est-ce que je ferais toujours partie de la clique? Ou est-ce que je ne mériterais plus d’en faire partie parce que je ne corresponds plus aux standards du groupe?

Les étiquettes, elles sont disponibles et, nous, on fournit la colle pour les coller

C’est un peu le problème avec les étiquettes. Il y en a des tonnes à disposition. Parfois, on en adopte une ou plusieurs qui semblent nous correspondre.

On prend une étiquette. On imprime tout ce qu’on veut dessus et, ensuite, on fournit la colle qui permet de faire tenir cette ou ces étiquettes sur notre personne.

Sauf que, plus longtemps on adhère à ce cliché, plus on finit par le devenir, ce cliché. On se l’approprie, on le revendique et on finit par oublier qu’il y encore un petit cœur qui bat derrière cette image! 😉

On se voit comme ça, les autres nous voient comme ça et on ne sait pas si quelqu’un nous verra (ou nous considérera) encore si on ne joue plus ce jeu.

Qui est-on quand on retire toutes ces étiquettes qui nous collent à la peau?

Ça marche pour le cliché du Valaisan mais pour tous les clichés qu’on accepte de se coller (ou de se laisser coller) sur la tête:

  • le.a chef.fe d’entreprise
  • le.a collectionneur.se (ma belle-mère collectionnait des canards. Des faux, des canards comme objets de déco. Du coup, tout le monde ne lui offrait plus que des canards. Quand quelqu’un qui la connaissait voyait un canard, il pensait immédiatement à elle. L’image du canard était collée à elle. Tellement qu’elle a longtemps pas osé dire qu’elle en avait marre des canards.)
  • le.a sportif.ve
  • la.e mère.père de famille

Depuis, j’aime bien me demander à quel point j’enferme ou je m’enferme dans un rôle quand je parle de moi ou de quelqu’un d’autre. A quel point je me laisse – ou laisse aux autres – la possibilité d’être un.e autre… A quel point je colle toujours le même adjectif à quelqu’un quand je parle de lui.

Essayez, c’est aussi flippant qu’intéressant quand vous vous prenez au jeu! 😉

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