UNE ANNÉE SANS SHOPPING: si j’y suis arrivée, vous le pouvez aussi!

Mon année sans shopping, je l’ai faite il y a quelques années mais je n’en avais jamais parlé en détails sur ce blog. J’y remédie donc aujourd’hui parce que cette expérience a transformé ma façon de consommer et ma façon de considérer la mode.

Fin 2013, quand j’ai pris cette décision, ça a étonné mon entourage.

Pendant une année, je n’allais acheter ni vêtements, ni chaussures, ni accessoires.

J’adorais pourtant la mode. A l’époque, j’étais même responsable de la rubrique mode d’un magazine très populaire. J’étais incollable sur les dernières tendances et j’étais souvent décrite comme la nana qui a du style.

Il faut dire que je suis tombée dans la marmite mode à la naissance puisque mon père, ma mère et ma tante possédaient tous les trois des boutiques de fringues.

Mais alors pourquoi m’infliger ça?

Parce que autant j’aimais la mode, autant ma manière de la consommer ne me satisfaisait pas.

Quand j’allais dans un magasin, j’essayais des fringues. Une sorte de compulsion montait alors en moi. Tu dois ABSOLUMENT acheter cette pièce, entendais-je murmurer à mon oreille. Et celle-ci aussi. Et il te faut également absolument celle-là…

Une fois le vêtement trouvé (ou plus précisément la tonne de vêtements trouvée…) Je filais à la caisse, comme un.e drogué.e vers son dealer. Soulagée mais avec un sentiment de culpabilité énorme.

  • Ai-je besoin de tout ça?
  • Dépenser autant, est-ce bien raisonnable?
  • Ce pull est-il si dingue que ça?

Mais alors comment faire pour consommer la mode de manière joyeuse?

J’ai commencé à faire des recherches et je suis tombée sur plusieurs femmes qui avaient fait des expériences avec la mode. Matilda Kahl qui porte les mêmes vêtements tous les jours. Ou Courtney Carver et son projet 333 qui consiste à s’habiller avec 33 pièces ou moins pendant 3 mois. (Désolée, ces deux liens are in English..)

Ces femmes avaient toute un point commun: plus elles reprenaient le pouvoir sur leur dressing, plus elles semblaient heureuses et bien dans leur peau.

  • Avais-je envie de commencer toutes mes journées en me stressant devant un dressing qui débordait? (le Mais je n’ai rien à me mettre?! en regardant une armoire pleine à craquer, ça vous parle certainement…)
  • Avais-je envie de ressentir cette culpabilité chaque fois que je passais à la caisse d’un magasin avec une pile de vêtements dont je savais n’avoir strictement pas besoin?
  • Avais-je envie que ma garde-robe soit la seule chose qui me définisse?

NON!!!!!!

Pour reprendre le contrôle, je savais qu’il fallait que je passe par une période de sevrage afin d’analyser mon rapport à la mode.

Mais pourquoi pas un mois ou «juste» une saison?

Parce que ça aurait été trop simple compte tenu de ma façon de consommer, soit acheter beaucoup d’un coup puis plus rien pendant de longues semaines. Une année me semblait donc la durée parfaite pour faire le tour de la question. (Sans parler de mon goût pour les périodes sans…)

Avant de me lancer dans cette grande aventure, je me suis préparée comme une sportive d’élite à l’approche des Jeux Olympiques.

Mon programme d’entraînement:

1. FAIRE LE TRI

Et qui dit faire le tri, dit être IMPITOYABLE!!!!! Pas de pitié pour les:

  • mais ça je garde, on sait jamais;
  • mais ça je garde au cas où je perds du poids (ou en prends…);
  • mais ça je garde. Ça risque de revenir à la mode;
  • mais ça je garde parce que je compte bien me remettre au sport;
  • mais ça je garde parce qu’on me l’a offert;
  • mais ça je garde parce que ça m’a coûté un bras;
  • mais ça je garde parce que je risque d’être invitée à une soirée robe longue.

C’EST OUT, VIA, DEHORS!!!!!!!!

A lire: Voici une excellente astuce pour vous rendre de compte de ce que vous avez porter ou non ces derniers temps.

Ensuite, à vous de voir si vous voulez les donner, les jeter, les vendre. L’important est que ça sorte de chez vous le plus rapidement possible.

Comme le disait Balenciaga

L’élégance, c’est l’élimination

Pour faire un bon tri, il ne faut garder que 2 choses:

  • les pièces «wouah», soit celles que vous enfilez et dans lesquelles vous vous sentez trop bien, trop canon. Bref les pièces que vous portez encore et encore tellement vous les aimez. Vous les adorez, un point c’est tout;
  • les pièces que vous ne portez que rarement, voire même jamais. Mais tant pis. Rien que de les avoir dans votre dressing vous met en joie.

Vous allez certainement vous débarrasser de tellement de choses qu’un sentiment de panique risque de monter en vous. Mais je ne vais plus rien avoir à me mettre!!!!!!!!!!!!

Soyez certaine d’une chose: cela n’arrivera JAMAIS.

2. RANGER

Maintenant qu’il ne vous reste que ce que vous portez ou que vous aimez follement, il est important de RANGER.

Acheter des cintres identiques (c’est joli d’avoir de la vaisselle dépareillée par contre, en matière de cintres, ça le fait beaucoup moins visuellement parlant) et suspendre un maximum d’affaires. Oui, les t-shirts aussi si vous avez de la place.

Et classez:

  • les pantalons avec les pantalons;
  • les chemises avec les chemises;
  • les jupes avec les jupes

Vous avez compris le truc.

C’est là que vous vous rendrait peut-être compte que vous possédez 10 paires de jeans… bleu.

Evitez à tout prix de mettre des affaires tout au fond de l’armoire, derrière une autre pile de fringues. Dites-vous que tout ce que vous ne voyez pas, vous oublierez que vous l’avez.

3. FAIRE UNE ANNONCE PUBLIQUE

Pour me mettre la pression, j’ai parlé de mon défi sur mon blog. Pourquoi? Pour ne pas rester seule avec mon petit diable qui me susurre régulièrement Juste ce pantalon. C’est pas grave si tu craques. Il te le faut. Il te va tellement bien. Ce n’est pas dit que tu retrouves un aussi joli pantalon à ce prix une autre fois dans ta vie…

C’est quand même pas pareil de craquer toute seule dans son coin ou de craquer devant le monde entier (bon, je sais, je n’ai pas des millions de lecteurs mais il n’est pas interdit de rêver, non?! 😉

(Pas besoin d’ouvrir un blog, vous pouvez aussi simplement le dire à des ami.e.s.)

Cette fois c’est parti!!!!!!!! A moi l’année sans shopping!

PENDANT

1. EN PARLER LE PLUS SOUVENT POSSIBLE

Avoir parlé de mon défi m’a beaucoup aidée durant cette année car les gens m’en parlaient souvent. Non mais tu achètes vraiment rien?, Oui, mais bon, ton mec t’offre quand même des trucs? (J’ai oublié de vous dire que je n’acceptais ni cadeaux, ni vêtements qu’on me donnait), UNE ANNÉE!!!!!! Moi, j’arriverais jamais!

Je dois vous avouer que toutes ces remarques m’ont énormément motivée. J’avais l’impression d’être une super-woman, de réaliser un truc dingue et ça me donnait encore plus envie d’y arriver.

2. EVITER LES BOUTIQUES

Il ne faut pas tenter le diable. Les boutiques sont faites pour vous donner envie d’acheter alors évitez-les.

Durant cette année, j’ai quand même dû faire les magasins pour mon boulot vu que je m’occupais des shootings mode pour le magazine pour lequel je travaillais et, là, je ne vous raconte pas l’angoisse. C’est simple: j’entrais dans une boutique et j’avais envie de tout acheter!!!!!!!

Le marketing (auquel je participais avec mon job) marchait à plein. Faites les boutiques et lisez les magazines et vous aurez l’impression que, pour réussir, il faut absolument succomber au dernier truc à la mode; que, pour être cool, il faut sur-consommer; que, pour être heureuse, il faut pouvoir acheter tout ce qui vous fait de l’œil.

Cette citation du chanteur Sting me fait bien rire!

J’essaie d’initier mon épouse au shopping tantra pour qu’elle puisse faire les magasins pendant 5 heures sans rien acheter.

Continuez à faire les boutiques et vous n’arriverez jamais à moins consommer.

MON BILAN

Je ne me suis jamais sentie aussi libre que pendant cette année. Tout le temps que je passais à penser à ce que j’aimerais acheter, à lire des magazines de mode, à faire du shopping, bref, à penser aux fringues (et c’est là que je me suis rendue compte que j’y réfléchissais beaucoup plus souvent que je ne l’aurais imaginé), je pouvais le passer à faire d’autres choses.

Cette expérience m’a également appris à consommer différemment, assurément mieux même si je succombe encore parfois à quelques tentations que je regrette très vite.

Désormais, avant d’acheter, je me pose ces questions:

  • En ai-je vraiment besoin?
  • Est-ce que je pousse un «wouah, ça me va trop bien» immédiatement quand je l’essaie?
  • Est-ce que je me dis que ce serait bien de l’acheter parce qu’il y a des soldes?
  • Est-ce que j’en ai envie ou est-ce que j’ai envie d’en avoir envie? (A méditer… Comme quoi Johnny Hallyday est beaucoup plus philosophe qu’on ne l’imagine! 😉

J’ai établi une nouvelle règle: je n’achète plus jamais directement quelque chose qui me plaît. Je patiente quelques jours et, si j’en ai vraiment encore follement envie, je me l’offre.

Et si c’était une super affaire et qu’elle n’est plus disponible? Dans ce cas, je me dis qu’elle n’était pas faite pour moi. Un point c’est tout.

Aujourd’hui, je possède beaucoup moins d’habits (les gens qui viennent chez moi n’en reviennent pas que je possède si peu de fringues) et j’arrive encore à me débarrasser régulièrement de quelques pièces. Comme quoi, même quand on a beaucoup moins, on a encore trop.

POUR CONCLURE

J’ai longtemps pensé que les habits étaient un miroir de qui j’étais. Grâce à ce défi, je me suis rendue compte que ce n’était pas le cas. Les gens font bien moins attention à la façon dont je me vêtis que je pensais. J’ai passé presque toute cette année vêtue d’un denim, d’une chemise en jean et de bottines et personne n’a jamais remarqué que je m’habillais toujours de la même façon. Je continue d’ailleurs à me vêtir presque tous les jours comme ça parce qu’il n’y a pas un ensemble dans lequel je me sens mieux que dans celui-là.

J’ai surtout énormément:

  • gagné du temps. Fini les longues minutes à me demander ce que j’allais porter en me réveillant le matin.
  • Économisé pas mal d’argent. J’ai ainsi pu m’acheter le fauteuil hors de prix qui me faisait rêver depuis des années et je suis plus heureuse de m’être offert ce cadeau que d’imaginer la tonne de vêtements que j’aurais pu m’acheter à la place.
  • Gagné en confiance en moi. J’ai trouvé mon style. Je sais ce qui me va et ce que j’aime porter. Et, surtout, j’ai appris que je ne suis pas mes vêtements. Je suis Mélanie Blanc et je suis bien plus que des bouts de tissus!

Désormais, je peux vraiment dire que je me sens bien dans mes pompes et, surtout, j’ai remis la mode à sa place. Et ce n’est de loin plus la place centrale dans ma vie.

Je ne peux que vous conseiller de tenter l’aventure. Parce que, au-delà d’avoir « juste » changer mon rapport à la mode, ça m’a permis de réfléchir à la façon dont je consommais en général. Une sorte d’électrochoc qui, j’en suis sûre, me sera utile à vie.

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1 Commentaire
  • Élodie
    octobre 8, 2020

    Super initiative! Mais ça ne marche que quand on ne change pas de taille sur un an, hélas.
    Mon approche est d’avoir moins de 100 vêtements, et de rester sous ce plafond.

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