Aller VERS ce qu’on veut ou CONTRE ce qu’on ne veut plus?

Il y a quelques semaines, j’ai lu une interview passionnante sur les digital nomades. Vous savez, ces personnes qui, vu qu’elles travaillent presque exclusivement derrière un ordinateur, peuvent le faire de n’importe où. Enfin n’importe où, surtout depuis des endroits de rêve dont elles vont pouvoir poster des photos sur leur compte Instagram avec le #lovemyjob #liveauthentic et autres hashtags qui pointent du doigt à quel point on n’a encore rien compris si on a encore un appartement, un boss ou, pire, un bureau dans lequel on doit se rendre tous les jours.

Mais c’est quoi le problème de ces digital nomades pour vouloir fuir le monde dans lequel la plupart de nous vit?

Ils ont l’impression que la société leur offre moins d’opportunités qu’aux générations précédentes: aucune perspective de carrière stable, des difficultés pour s’acheter un logement, une augmentation des inégalités… tout cela crée un faisceau d’angoisses qui les pousse à tenter d’autres modes de vie, explique Maxime Brousse, le journaliste qui a enquêté sur cette population et qui a même publié un bouquin sur elle.

Eh bien figurez-vous que même les pieds dans le sable et avec un super espace de co-working pas loin, ces digital nomades ont eu le blues pendant le confinement. Enfin, en tous cas certains d’entre eux. Voici une partie du pourquoi du comment selon toujours le même spécialiste de la question:

Pour les vanlifers, beaucoup se sont simplement posés au même endroit, un peu plus branchés sur les circuits locaux, ce qui a été moins brutal que pour certains digital nomades coincés dans des pays dont ils n’avaient pas forcément le visa. Sur les réseaux sociaux ressortait d’ailleurs pas mal l’envie de se rapprocher de son pays d’origine et de sa famille à l’avenir. Ils sont tellement habitués à sauter dans des avions que le jour où cela n’est plus possible, leur mode de vie s’effondre.

En gros, ils.elles souhaiteraient désormais se rapprocher de ce qu’ils.elles avaient voulu fuir.

Ça me fait toujours rire d’observer ces phénomènes parce que c’est toujours un peu la même chose: on cherche à fuir quelque chose qui ne nous convient pas ou plus; on croit avoir trouvé la bonne idée tellement bonne qu’on ne comprend pas pourquoi tout le monde ne fait pas comme nous puis, hop, un grain de sable dans les rouages et ça nous fait remettre en question tout ce système apparemment parfait.

Parce que, quoi qu’on fasse, le problème qu’on tentait de fuir est toujours là si on ne change pas notre regard sur ce problème.

Maxime Brousse termine l’interview avec cette phrase:

La vie des digital nomades est le prolongement du pire de notre monde: on sait qu’on va dans le mur mais, comme voyager c’est pas mal, on ne remet rien en question.

On croit souvent qu’on va pouvoir fuir les aléas de la vie, sauf que le courant de celle-ci semble plus fort que toutes les bonnes solutions qu’on pourrait imaginer.

Cet autre article met aussi en avant l’histoire d’un homme qui avait trouvé une bonne solution pour supporter sa vie de famille: partir régulièrement à Berlin avec des potes pour se mettre la tête à l’envers dans des fêtes de dingue. Sauf que, pendant le confinement, plus de Berlin, et donc plus de soupape pour l’aider à supporter ce qu’il ne supporte plus, soit son quotidien.

Voici comment Hervé (prénom fictif) décrit cette soupape:

Ne serait-ce que pour ma santé mentale, j’ai besoin de m’échapper régulièrement à Berlin […]. J’y vais entre potes et je fais la fête. Mais quand je dis faire la fête, ça veut dire que dimanche à 16 heures, j’y suis encore.

Son mantra: sex, love, drugs and techno – voilà comment éviter la guerre.

Oui, sauf qu’on a beau faire toutes les fêtes du monde, le problème (sa guerre comme Hervé l’appelle) est toujours là quand on rentre aux bercails et ce genre de solution ne peut qu’être temporaire car, un moment ou un autre, la marmite finira bien par nous exploser à la gueule.

Ça ne veut pas dire qu’il ne faut pas partir travailler au bout du monde ou se déglinguer la tête régulièrement. Ce qu’il faut, c’est plutôt garder en tête pourquoi on le fait et ne pas voir cela comme une résolution de nos problèmes. Tant qu’on n’ira pas farfouiller un peu là où ça fait mal, toutes ces solutions ne pourront qu’être des voiles qui nous empêchent de voir vraiment la réalité en face.

Alors, la prochaine fois que vous ferez quelque chose qui va contre ce que vous vivez, posez-vous ces questions:

  • Est-ce que tu aimerais faire cela quoi qu’il arrive (une envie qui vient de l’intérieur) ou fais-tu cela compte tenu des circonstances (une envie qui t’es soufflée par les éléments extérieurs)?
  • Est-ce de la compensation (aller contre ce qu’on ne veut plus) ou est-il possible d’imaginer être résilient.e face à cette situation (accepter ce qui est)?
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2 Commentaires
  • Déborah
    septembre 3, 2020

    Réflexion très intéressante. À l’heure du ‘tout est possible », difficile de faire des choix, il faut se poser les bonnes questions… Merci !

  • Christophe Peiffer
    septembre 4, 2020

    L’évitement n’est pas une solution pour régler un problème. Si on veut que quelque chose change, nous devons y faire face. L’évitement est juste un échappatoire et efficace à court terme. Une introspection est nécessaire afin de déterminer ce que l’on veut vraiment au lieu de juste fuir ce qu’on ne veut pas.

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