Pourquoi hyper-consommer est clé

Cette semaine, une journaliste m’interviewait sur mon parcours et sur la façon dont j’avais vécu ce semi-confinement. Une des premières questions (comme souvent quand on me parle de minimalisme) était:

« Comment en êtes-vous arrivée là? »

Et ma réponse est systématiquement la même:

« Après avoir fait une overdose de consommation! »

C’est vrai, c’est exactement ce que j’ai ressenti. Pendant longtemps, en regardant mon dressing ou en ouvrant les tiroirs dans ma salle de bain, je trouvais que j’avais trop de choses donc je faisais régulièrement du tri. Puis je remplissais à nouveau les moindres espaces avant d’en avoir à nouveau ras-le-bol et d’opérer un nouveau tri. Et ainsi de suite pendant des années et des années. On peut dire que j’étais une intermittente du minimalisme.

En même temps, au fil des ans, je sentais que j’avais moins besoin de remplir pour sentir déjà un ras-le-bol. Quand j’y pense, c’est un peu comme l’effet yo-yo dans un régime: vous ne mangez pourtant plus du tout autant qu’avant et pourtant vous reprenez du poids, voire même plus qu’avant.

Jusqu’au jour où ça a vraiment suffit.

Mais j’ai eu besoin de toutes ces étapes, de ces tonnes de séances de tri, de toutes ces lectures sur le minimalisme, de toutes ces rechutes shopping. Parce que cela m’a permis de ressentir vraiment au fond de mes tripes ce ras-le-bol, cet espèce de plus-jamais-ça! A ce moment-là, c’est déjà bon. Le travail est fait. Quand vous ressentez vraiment ce ras-le-bol dans la moindre de vos cellules, vous ne pouvez plus l’oublier.

Souvent quand je pense à ces enfants qui grandissent dans des familles zéro déchets, je me demande comment ils seront une fois adulte. Je me demande s’il n’est pas nécessaire de connaître l’overdose pour dire STOP. Comment, dans ce cas, savoir si on ne veut vraiment pas ou si on ne veut pas parce qu’on nous a toujours dit qu’il ne fallait pas?

En ce qui me concerne, j’ai vécu plusieurs overdoses:

  • une overdose de shopping
  • une overdose d’alcool
  • une overdose de télé
  • une overdose de je-me-fais-tellement-chier-dans-mon-job

Ça ne veut pas dire que, une fois que j’ai ressenti ça, j’arrête définitivement toutes ces choses mais je ne retombe plus jamais autant du côté obscure de la force. Je n’ai plus besoin d’autant de rechutes pour retrouver l’équilibre, je ne me perds plus autant en route.

Cette semaine, dans un bouquin, je suis tombée sur cette phrase:

Pour vouloir véritablement installer la paix en soi, il faut être fatigué de la guerre et ne plus y trouver d’avantage.

(Gregory Mutombo, dans La symphonie des âmes)

Le souci, c’est souvent que quand on fait le vide quelque part, on cherche à tout prix à remplir ce vide par autre chose. Et on s’en rende compte souvent seulement des années après. Ça vient d’ailleurs de m’arriver. Après m’être occupée des objets, je me suis rendue compte que j’avais remplacé cette « addiction » et rempli ce « vide » par du développement personnel. Et je sens que je suis en train de friser l’overdose de développement personnel. Mais ça, je vous le raconterai plus en détails dans un prochain billet! 😉

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1 Commentaire
  • Ludivine
    juin 2, 2020

    Je viens de découvrir votre site bravo!

    Je suis effectivement d’avis qu’un ras-le-bol d’une situation est un levier motivationel pour entreprendre une démarche… Mais expérimenter l’overdose n’est, à mon avis, pas nécessaire pour comprendre les bienfaits du minimalisme.

    Pour ma part j’interviens sur la partie dressing et clairement, Il est tout à fait possible d’avoir moins de vêtements sans pour autant être satisfait.e.

    Selon moi, avoir moins de vêtements fait d’autant plus sens s’ils sont en adéquation avec nos besoins spécifiques (pro/environnement personnel…), notre personnalité, notre silhouette et nos valeurs. Notre pleine satisfaction à la clé !

    Merci à vous pour ce partage très personnel
    Ludivine

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