DÉVELOPPEMENT PERSONNEL: du prêt-à-porter alors qu’on mérite du sur-mesure

La semaine passée, en zappant, je suis tombée sur les meilleurs moments de l’émission Quotidien de ces derniers mois. Un moment, je vois apparaître à l’écran Julia de Funès, une philosophe que j’avais déjà vue à la télévision et dont j’avais bien aimé les propos.

Là, elle parlait de la thématique des livres de développement personnel. J’aime mieux vous dire que j’étais tout ouïe.

Un certain moment, trois bouquins apparaissent à l’écran (deux que j’avais lus, et un que j’avais même déjà relu plusieurs fois). Quand Yann Barthès lui demande le point commun entre ces trois livres, elle répond:

Ce sont les mêmes rouages rhétoriques, la même sophistique avec, derrière, le même vide sidéral.

Oulala, Julia, j’ai immédiatement senti qu’on allait moins être copines! 😉

Quand je l’ai entendue dire ça, mon ego a pris possession de tout mon corps. J’avais comme une puissante envie de me défendre.

Moi qui, depuis des années, ne parle à peu près que de développement personnel sur mon blog et qui m’attèle à me polir une image de « spécialiste du développement personnel », j’ai senti que j’étais piquée au vif.

Vous savez, tout à coup, vous prenez un truc super personnellement alors que pourtant personne ne vous attaque…

En même temps, je ne pouvais pas lui donner tort car ça fait quelques semaines maintenant que je me demande si tous ces trucs de développement personnel font vraiment autant de bien que certains veulent bien le prétendre.

Au début, j’aimais vachement ça puis, ces derniers mois, je n’en peux gentiment plus de tous ces livres qui sortent en mettant en avant une nouvelle mode qu’il faudrait absolument suivre pour être plus heureux.

Au début, j’avais l’impression que ces bouquins étaient là pour mon bien puis, désormais, j’ai surtout l’impression qu’ils sont là pour qu’on en hyper-consomme. (Peut-être parce que je me sens enfin bien et que je ne cherche donc plus – ou moins – d’éléments extérieurs pour m’aider à l’être.)

En fait, le développement personnel, c’est exactement comme la mode. Il faudrait être à la dernière mode du développement personnel pour être vraiment dans le coup. Comme il faudrait absolument porter tel style de robe cette année.

Il y a maintenant une dizaine d’années, j’ai senti que je frisais l’overdose de produits (mode, beauté, déco). Aujourd’hui, je sens que je frise l’overdose de toutes ces techniques de développement personnel.

En gros, ces livres nous poussent tous à être plus zen, plus empathiques, moins en réaction, plus productif.ve.s, moins paresseu.se.s, plus courageux.euses,… Bref, qu’on soit tou.te.s d’une certaine manière.

Sauf qu’on n’est pas tou.te.s pareil.le.s. Et tant mieux!

Il y a quelques jours, je parlais avec ma nièce qui me disait avoir entendu un podcast sur le féminisme et sur toutes les injonctions faites aux femmes. Il était notamment question du fait de changer, d’essayer d’être autrement.

Ils prenaient l’exemple du poids en disant qu’on voulait toujours être plus mince. (C’est vrai que, quand on y pense, on entend jamais personne dire qu’il.elle aimerait prendre quelques kilos. Par contre, en perdre 2, 10 ou 50, c’est quand même vachement fréquent…)

La société tente de nous faire croire que la minceur est la norme, que toutes les femmes mesurant telle taille devraient à peu près peser tel poids alors qu’on a toutes une morphologie différente.

Ce qui m’a fait tilt, c’est qu’il était ensuite question de la taille justement. Personne ne dit jamais qu’il.elle fait tout pour être plus grand.e ou plus petit.e. Prendre deux centimètres avant l’été ou en perdre quelques-uns avant l’hiver. Tout simplement parce que ce n’est pas possible. On mesure une certaine taille et on ne peut rien faire contre.

Et bien avec le caractère, ça serait un peu comme avec le poids. On nous pousse à croire qu’on pourrait/devrait être mieux. Mais mieux que quoi? Mieux par rapport à quoi?

En fait, on est tou.te.s différent.e.s mais on voudrait nous faire croire qu’on devrait tou.te.s essayer de correspondre au maximum à une certaine norme. Une norme qui varie en fonction des saisons.

Mais quelle vie chiante ça serait quand on y pense. Là, comme on est dans une phase « communication non violente », imaginez qu’on se parle tous en:

« Tu sais, ce n’est pas contre toi mais je me sens blessée quand tu me dis ça parce que j’ai un profond besoin de compréhension et quand je t’entends dire ça, je me sens… Alors est-ce que tu penses qu’il te serait possible… »

L’angoisse!!!!!!

Ça ne veut pas dire qu’il ne faut pas essayer d’alléger ce qui nous pèse vraiment ou qui nous empêche d’avancer. Ces trucs qu’on traine comme un boulet. Mais il ne faut pas essayer de tout changer sous prétexte que telle mode en développement personnel dit qu’on devrait faire telle chose pour être heureux.se. Genre, si tu ne le fais pas, tu ne peux t’en prendre qu’à toi…

Parce qu’on n’est pas tou.te.s fait.e.s pour être minimaliste, pour méditer 20 minutes par jour même si un certain système tente de nous faire croire que c’est le cas. Et si des centaines voire des milliers ou des millions de personnes sont attirées par le minimalisme, elles ne le seront pas toutes de la même façon.

On nous vend du prêt-à-porter alors qu’on mérite du sur-mesure.

C’est comme si on mangeait exactement le même burger dans tous les restaurants qui en proposent. Exactement la même recette avec la même proportion d’ingrédients dans des restaurants tous décorés de la même manière. Le monde serait quand même vachement fade, non? Ce qui est chouette, c’est qu’on sait à peu près ce qu’on va avoir quand on commande un burger mais que, dans tel endroit, il sera plus comme ci ou plus comme ça.

Alors, après avoir pendant longtemps cherché à être, je crois que je vais juste essayer d’être un peu plus. C’est moins rassurant parce qu’on ne peut plus s’accrocher à une formule pseudo-magique et s’en prendre à la terre entière si on ne se sent pas bien mais je crois que la vie aura finalement quand même vachement plus de saveur.

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4 Commentaires
  • Mélusine
    mai 29, 2020

    Coucou!
    Je suis d’accord sur le fond avec ton propos, les injonctions n’ont pour moi pas lieu d’être dans les livres de développement personnel, qui devraient plutôt donner de grands axes de réflexion pour nous pousser à trouver notre voie.
    C’est pour cela aussi que je prends et m’inspire seulement des passages qui peuvent me correspondre et me donner envie (des astuces de rangement, des axes de vie dont je veux faire ma priorité).
    J’ai, comme beaucoup d’entre nous je pense lu et relu les livre de Dominique LOREAU entre autres, et je ne suis pas d’accord avec à peu près 40% de ce qu’elle couche sur le papier.
    Pourtant, beaucoup de ses conseils ont un fond de réflexion et de vérité qui font écho en moi, et qui ont permis, même sans forcément les avoir mis en pratique, une certaine forme d’apaisement mental.
    Je pense que le principe de ces livres est « vous avez un problème? On a la solution », Et même si elle est tordue, irréalisable pour moi ou bien tout simplement pas au goût du jour, c’est vrai que l’on relativise beaucoup en lisant ces ouvrages. Déjà on se sent plus enclin a réfléchir à notre propre situation et puis on peut plus facilement peser les pours et les contres avec un regard extérieur sur le sujet.
    Mais comme pour tous les domaines (les finances, la nutrition, la pratique professionnelle etc etc…) ce qui est bon pour moi ne l’est pas pour une autre, et je pourrais seulement lui expliquer ce qui marche pour moi; à elle de tester et d’adapter 🙂

    • Mélanie
      juin 4, 2020

      Je suis totalement d’accord avec toi. J’ai aussi lu Loreau et c’est même elle qui m’a mise sur le chemin du minimalisme (ou en tous cas du moins d’objets). Quand je l’ai relue des années plus tard, j’étais moins d’accord avec ce qu’elle disait mais je pense que ça parce que j’avais déjà tout pris ce dont j’avais besoin de prendre pour moi lors de la première lecture.

  • Lucie
    juin 4, 2020

    Bonjour Mélanie,
    Je comprends ce que tu expliques dans ton billet. Bizarrement je ne ressens pas la même chose mais je n’ai peut-être pas encore lu assez de livres de développement personnel 😉
    Justement j’ai plutôt l’impression que ces livres m’aident à réfléchir sur ce que je suis , moi, Lucie, profondément au fond de moi ! Et j’ai d’ailleurs lu récemment une phrase qui a résonné en moi et qui disait « je fais toujours en sorte d’être d’accord avec les gens car j’ai peur d’affirmer mes idées » (ou quelque chose dans le genre…. Et bien ça m’a fait tilt et depuis quelques jours je commence à exprimer mes idées alors qu’avant je cherchais à tout prix à fuir le conflit !
    Par rapport au commentaire d’avant, sur Dominique Loreau, c’est clairement elle qui m’a mise sur la voie du minimalisme , et je ne cesse de penser qu’elle prône en effet d’abord le minimalisme d’objet, pour avoir le temps de s’occuper de son corps (et je regarde cette brosse à dos dans ma douche tous les matins…que je n’avais pas jeté grâce à son livre mais dont je ne me suis toujours pas servie Lol…) , puis pour avoir le temps de s’occuper de son esprit ! Et du coup pour moi c’est quand même très individuel à chacun le résultat mais en effet par le dictat du même moyen : la méditation …
    Très intéréssant en tout cas tes billets, je m’y retrouve souvent ! Bonne soirée !

  • Christophe Peiffer
    septembre 27, 2020

    Rares sont les articles qui abordent le développement personnel de ce point de vu. Et vous avez raison, le développement personnel n’est pas un style ou une mode de vie à suivre. Le développement personnel doit nous aider à trouver notre propre voix et non à vivre comme tout le monde.

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