3 personnes qui osent enfin remettre les femmes à leur place!

Je crois que tout le monde a désormais compris que les femmes représentent au moins la moitié des êtres humains vivants sur cette terre et qu’il était important de leur consacrer une place. Mais pas n’importe quelle place. Parce que si nombreux.ses sont les acteur.rice.s du monde culturel qui ont compris qu’on ne pouvait plus faire l’impasse sur les femmes, il est important de ne pas les montrer n’importe comment.

En gros, pour que les femmes puissent être des modèles pour d’autres femmes, il faut arrêter de juste les montrer pour le rôle qu’elles incarnent: des mères, des secrétaires, des infirmières,… Gentilles, attentionnées, dévouées,… Parce que, les femmes, ce sont des hommes comme les autres et ces trois personnes qui écrivent des histoires l’ont bien compris.

Et c’est pas facile. Ils.elles avouent que ça leur demande de la discipline, de se poser des questions sur leurs représentations et sur la manière dont ils.elles montrent tel ou tel personnage.

J’ai relevé plusieurs de leurs propos parus dans la presse ces derniers temps et je pense que ça peut faire évoluer la cause. Alors, rien que pour ça, un méga big Big Up à eux.elles!

1. Pénélope Bagieu, dessinatrice notamment des Culottées

C’est mon modèle absolu dans le domaine. Elle se revendique féministe et fait vraiment un max de trucs pour remettre les femmes à leur place dans toutes les histoires qu’elle écrit et illustre.

Elle vient de signer la version BD du conte de Roald Dahl Sacrées sorcières.

Dans une interview parue dans l’édition du quotidien 24 Heures du 21 février 2020, à la question Y a-t-il une responsabilité particulière face à de jeunes lecteurs? Elle répond:

Oui, et beaucoup plus qu’avec « Culottées ». Bon, j’avais le support du texte original, ça m’a aidée à oser faire le pas. N’empêche qu’écrire pour les petits, au niveau de la représentation des personnages, des stéréotypes de genre, par exemple, implique une vigilance accrue. Je tenais à m’aligner sur mes convictions profondes. Par exemple, dans une scène d’action, je me demandais toujours: pourquoi c’est le garçon qui prend l’initiative, pas la fille? Ou bien dans l’hôtel: pourquoi montrer une femme de chambre hurler devant une souris, pourquoi pas un homme? A l’inverse, je ne voulais pas que la sensibilité émotionnelle soit le seul apanage des héroïnes.

Dans le magazine L’Obs du 30 janvier 2020, voici ce qu’elle disait aussi sur ce même sujet:

On a une grosse responsabilité quand on s’adresse à des jeunes gens. Je l’ai découvert de plein fouet avec les « Culottées ». Quand les parents disent que leur enfant connaît le livre par cœur, ça pousse à la vigilance. Il ne faut pas que je véhicule des trucs idiots malgré moi. J’ai fait attention à ce qui peut passer pour des détails, comme les personnages d’arrières-plan: à quel moment je mets des hommes, à quel moment je mets des femmes, qu’est-ce que j’ai envie de dire? Et l’aboutissement de ça, c’est cette fille. Lors d’un panel auquel j’ai participé récemment, un membre du public a demandé à l’autrice américaine Kelly Sue DeConnick la recette pour écrire un personnage féminin qui sorte des stéréotypes. Elle, un peu excédée, a répondu: « Imaginez que c’est une être humain. » C’est ça. Il ne fallait pas que je fasse une fille bagarreuse uniquement pour montrer que les filles n’ont pas peur de se battre, par exemple. Mais que je crée un personnage génial, complémentaire de l’autre, indispensable à l’histoire, qui ait des vulnérabilités, qui soit crédible, et qui, tant qu’à faire, soit une fille. Il s’agit d’essayer de grignoter petit à petit le masculin neutre. On fait tout le temps, inlassablement des propositions de filles super, et ça va finir par rentrer.

Et encore ce passage parce que je ne me lasse pas d’entendre et de lire ce qu’elle a à dire sur le sujet. Quand on lui parle du fait qu’elle a introduit un personnage féminin qui n’existait pas dans la version initiale:

Je ne vais pas dire que c’était ma condition sine qua non, mais tout de même, ce personnage manquait vraiment. C’était compliqué d’écrire en passant à côté du fait que, quand j’ai lu le livre, enfant, j’ai dû faire comme toujours l’effort intellectuel de me dire que j’étais le héros qui est un garçon. Je trouvais ça important de pouvoir donner l’option au lecteur, qu’il soit garçon ou fille, de s’identifier aussi à une fille qui est super, courageuse, très bonne. Elle n’est pas là pour aider le héros à accomplir son destin, mais c’est un vrai personnage avec une histoire, des intérêts, des soucis, des inquiétudes.

2. Norman Thavaud (de Norman fait des vidéos)

Norman a grandi mais continue à faire des vidéos. Entre autres choses. Et comme il passe son temps à écrire des histoires que des millions de jeunes vont ensuite gober jusqu’à plus faim, il se sent responsable. Notamment dans la façon dont il montre et parle des filles.

Dans l’édition du magazine Elle du 13 décembre 2019, il s’avoue féministe et explique la façon dont il intègre le sexe féminin dans ses histoires:

Tout le monde doit être féministe. Dans mon spectacle, j’évoque la charge mentale, un sujet sur lequel j’essaie d’impliquer les gens. Et je change ma façon de faire. Dans mes sketchs, maintenant, il y a toujours des filles et elles n’ont pas forcément un rôle sexué: ce n’est pas la fille que je vais draguer, mais plutôt ma pote, ma sœur, une collègue. Côté humour, je cherche désormais à mettre les meufs et les mecs sur le même niveau.

 

3. Olga Tokarczuk, Prix Nobel de littérature

Dans l’édition du magazine Elle du 13 décembre 2019

Quand la journaliste évoque le fait qu’elle a un registre extraordinaire de personnages féminins, voici ce qu’elle ajoute:

C’est ma revendication personnelle, car je ne pense pas que l’histoire ait été faite uniquement par les hommes. En préparant « Les Livres de Jakób », à chaque fois que je rencontrais le nom d’une femme, j’ai creusé et tenté de lui donner vie, tout simplement pour rétablir un équilibre. Les documents historiques mentionnent, par exemple, que Jakób Frank avait deux gardes du corps femmes, avec lesquelles il couchait, mais sans mentionner leur nom. Je me suis demandé quelles pouvaient être leur histoire, leurs motivations, et c’est ainsi que j’ai créé Gitla, un des personnages les plus forts du roman.

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